Saturday, January 27, 2018

Barcelone : le projet et mes apprentissages

Au début de l'année 2017, j'étais fatiguée et nostalgique, j'étais surtout plus que tannée d'attendre le bon moment pour partir en voyage avec mon mari. Comme je ne voyais pas le jour où je pourrais faire garder une semaine mes enfants, je commençais à perdre espoir. Finalement, je me suis dit :
  • "Hey, tu es maman à la maison, tu as deux enfants avec toi qui n'ont pas de contraintes. Et si tu partais avec eux pendant que les autres vont à l'école?  
  • Tu aurais congé de lunch, tu pourrais te coucher en même temps que les petits?  
  • Et si tu partais un mois, plutôt qu'une semaine, les billets d'avion ne te coûteraient pas plus cher?
  • Et si tu louais un appartement, ça serait moins cher que l’hôtel?"
J'avais de bons arguments, j'ai convaincu mon mari de me laisser vivre cette aventure... et en discutant des possibilités, nous en sommes venus à l'idée qu'il pourrait venir nous rejoindre avec les grandes après la fin de classes. J'ai donc organisé un voyage du 7 juin au 11 juillet.

J'ai fait quelques (plusieurs?) erreurs de voyageuse débutante. 

Premièrement, bien choisir son option d'hébergement. 

Naïvement, je n'ai pas pensé que la vie en appartement serait difficile pour les enfants. Pourtant ils sont habitués à une maison à trois étages où ils ne dérangent personne s'ils sautent, parlent trop fort ou ne se couchent pas à une heure habituelle, ils ont aussi une cour où ils peuvent sortir jouer et dépenser leur énergie dehors quand ils en ont besoin. Alors un appartement, ce n'était pas l'idée du siècle. 

J'avais choisi la ville parce que je voulais visiter Barcelone et je ne voulais pas conduire puisque j'ai une peur bleue des carrefours giratoires. 

Compte tenu que mon mari est venu nous rejoindre et qu'il a loué une voiture, j'aurais dû louer à l'extérieur de Barcelone, une jolie maison près de la plage avec cours et une piscine... Ça m'aurait coûté moins cher de loyer et les enfants auraient a-do-ré!

J'ai aussi fait une erreur de distraction qui m'a coûté quelques centaines de dollars... Je croyais, en magasinant l'appartement, que j'avais changé la devise en Euro en dollars canadiens... mais non... après avoir fait mon dépôt, en regardant la balance, j'ai réalisé que tout cela était en dollars américains 😭 Mon mari m'a consolée en me disant que j'allais à Barcelone, que je devais être heureuse et cesser de pleurer. 

En plus, sur Oh-Barcelona, contrairement à Airbnb, on fait un versement d'un premier tiers et on paie la totalité du loyer à l'arrivée... entre temps, le taux de change est passé de 1,38 à 1,56!!!

Au final, un appartement pour 6 personnes au coeur de la ville m'a coûté aussi cher qu'un hôtel.

Deuxièmement : lire le contrat d'assurance. 

Katherine a débuté le voyage en grande championne, marchant vaillamment et s'intéressant à tout, même si le décalage horaire avait perturbé son sommeil. Au bout de quelques jours, lorsque le reste de la famille était avec nous, elle s'est mise à faire de la fièvre la nuit et avoir mal à la tête. J'ai crains qu'elle n'ait fait un insolation, parce qu'il faisait si chaud et si beau... après quelques lectures, j'ai vu que ce n'était pas cela, on a ralenti le rythme, couché les enfants plus tôt. 

Au bout de 5 jours de fièvre, à 2h du matin, j'ai appelé nos assurances voyage pour aller consulter au cas où qu'elle avait un problème insoupçonné... j'ai appris que nous n'étions plus couverts parce que nous étions partis plus de 17 jours. Ohlala... on n'avait pas vérifié cela!!! Heureusement, dès le lendemain, Katherine était en pleine forme et l'est restée jusqu'à la fin du voyage. 

Maintenant, j'ai appris ma leçon, croyez-moi : ne pas trop en demander aux petits âmes et vérifier les assurances... 

J'aurais bien pu avoir de gros problèmes avec la sclérose en plaques, sans assurances dans un pays étranger. 😱


Dernièrement : ne jamais abaisser sa vigilance... 

J'avais été prévenue contre le pickpockets et je faisais très attention à mon sac et ça m'avait servi à la sortie d'un métro, dans l’escalier roulant, immobile, j'ai senti une main sur mon sac. J'avais heureusement fait un noeud et la personne n'avait pas pu glisser la fermeture éclair... il a eu droit à une claque!

Mais, plus tard dans le voyage, alors que j’attendais sagement assise sur le bord de la Fontaine magique que mon mari revienne du guichet automatique, je regardais les enfants courir et jouer, un homme est venu attirer mon attention et me poser une question, j’ai trouvé ça louche et j’ai renforcé l’étreinte sur mon sac… mais j’avais oublié que ma caméra Nikon était attachée sur la poussette à côté de moi. L’imposteur s’était occupé de détourner mon regard alors que son complice s’est emparé de ma précieuse caméra qui contenait toutes les jolies photos de notre visite de Montjuic et Casa Batlló. 😭

Malgré ces bêtes et fâcheuses erreurs, je crois que notre voyage a tout de même été une belle expérience, à suivre dans le prochain billet.



Wednesday, January 17, 2018

Voyager pour moi

Quand j'étais petite, je voulais voyager mais ne le savais pas encore... j'adorais que mon cousin Pierre me fasse découvrir le centre-ville. Je me souviens être allée avec une caméra jetable dans le vieux port et j'avais essayé de prendre de belles photos des vieilles bâtisses avec le "S pris" [esprit] dans les murs . Je me souviens aussi des vitrines de Noel et de la Gare. J'étais impressionnée de tout ce qu'il savait.

1990
En deuxième ou troisième année du secondaire, j'ai accompagné une amie et sa famille pour une semaine en Floride pour aller supposément à Disney... nous n'y sommes restés qu'une demi-journée, durant ce séjour nous avions plutôt visité la plage et avons fait une visite du Cap Canaveral . Je me souviens du camping et des orages en après-midi.

1993
Après mon secondaire, j'ai eu une chance de dernière minutes pour me joindre à un groupe de jeunes pèlerins qui allaient voir le Pape à Denver durant les JMJ. J'étais bien mal préparée et équipée, je n'ai donc pas eu autant de plaisir que je l'aurais espéré.

N'ayant pas beaucoup de moyens dans ma famille, juste assez pour manger et aller à l'école, je ne savais pas qu'on pouvait partir, sac au dos, visiter le monde dans les auberges jeunesses. 

1998
Ensuite, j'ai fait mes études collégiales et, au prix de mes efforts et économies en travaillant chez Second Cup et en gardant des enfants, à 22 ans environ, je suis partie rejoindre mon ami Yannick à Paris pour deux semaines. J'avais adoré et pris quelques photos ordinaires que j'aurais voulu nombreuses avec mon appareil jetable. 


1999
Après Paris, les déplacements ont été plus modestes. J'ai accompagné une petite fille que je gardais à New-York trois jours.


Avec une amie, j'ai passé un week-end à Boston. Par la suite, j'ai fait quelques petites randonnées d'un jour en montagne aux États-Unis avec des groupes organisés.



2004
Avec Hugues, que j'ai rencontré à 27 ans, nous sommes allés en croisière à Tahiti pour notre voyage de noces. C'était ma première fois dans le Sud en amoureux dans un endroit paradisiaque, au soleil, à la mer. J'étais allée en Floride comme mentionné plus tôt mais ce n'était pas la saison et loin d'être comparable. Alors, cette croisière m'en avait donné plein la vue.


2005
Nous sommes allés ensuite à Paris ensemble juste avant d'accoucher de notre premier bébé. Un Baby Moon, comme on dit.

2006-2008
Je suis allée à Cuba, deux fois.  C'était bien mais j'avais très envie de visiter un endroit où il y aurait la mer ET l'histoire, la culture, l'architecture, etc. Les touts-compris dans le Sud, c'est agréable pour la plage mais pas tant pour la capture d'images et de paysages variés..



Quand Elizabeth n'avait que deux ans, je rêvais de partir avec elle deux semaines en Italie, mais j'avais eu peur d'y aller seule ne parlant pas assez italien. J'ai préféré louer un chalet dans le Nord.

2008 
Puis, vint l'aventure à Vancouver que je saisissais sans hésiter. De ce périple de 2 ans, il y en a long à raconter, tout est documenté sur ce blogue pendant l'année 2009 et la première partie de 2010. J'ai aussi un blogue de 2008 mais il est privé. Nous avons visiyté Whistler, Seattle, Oregon, Osoyoos, Ile de Vancouver.

Puisque nous étions sur la cote Ouest nous sommes allés en vacances une semaine en Californie à Los Angeles, Anaheim et Laguna, vous pouvez lire mes impressions ici et .


2010
Après les JO,  enceinte de mon deuxième bébé, je suis allée me reposer à Puerto Vallarta avec ma fille pendant que chéri terminait son mandat.


On est revenu habiter au Québec en VR en passant à travers les Rocheuses et les Badlands américains, et Niagara Falls, vous pouvez lire le résumé ici.



Depuis, j'ai soif de beaux paysages, de découverte et de nouveauté. 

2011
J'ai eu la chance d'aller rejoindre mon amoureux à Londres quatre jours le temps long d'un week-end parce qu'il s'y était rendu pour le travail. J'avais laissé mes deux filles à leur grand-maman.


2013
Mon époux et moi sommes retournés un week-end à New York avec notre VR. Ma maman gardait les trois enfants. 


Alors que mon mari devait aller une conférence, on en a profiter pour passer quelques jours à Disney à Orlando en Floride,vous pouvez lire le récit en suivant le lien.

2013-2016
En famille, nous sommes allés à Cape Cod deux fois avec notre VR en vacance d'été. 


Depuis que ma grande Fille y était allée avec sa grand-mère, je voulais visiter Barcelone. Comme c'était difficile de trouver une gardienne pour les 4 enfants, partir Hugues et moi ne se concrétisait pas. 

2017
Alors, décidée à y aller, j'ai convaincu mon mari de me laisser partir un mois avec les deux plus jeunes. Je me disais que j'avais du temps alors je pouvais en profiter... je pensais y aller et me reposer tout en faisant de belles découvertes (ha ha ha, me reposer!!). Heureusement, Hugues et les grandes sont venus se joindre à nous pendant 3 semaines alors nous avons loué une voiture. Nous avons surtout visité Barcelone, mais quelques sites de la région Catalane également : Montserra, Tossa de Mar, Lloret de Mar, Gérone, Castelldefels, Altafulla et encore. Je vous raconterai dans un prochain article.



En gros, j'aurais aimé raconter mes voyages avec plus de détails mais je manque de temps, mais ce survol était pour simplement pour me remémorer ma relation avec les voyages. J'ai la piqûre et j'aimerais encore voyager.

J'aimerais aller visiter l'Italie. Seule ou en famille? J'aimerais beaucoup y aller avec mes enfants car ça leur fera découvrir de nouveaux horizons, une culture, une ouverture sur le monde, de superbes souvenirs et de jolies photos ;) Mais j'aimerais aussi y aller en amoureux, question de voyager léger et me reposer l'esprit... Je suis en santé, j'aimerais en profiter. Il suffit de planifier l'avenir en conséquence.

Tuesday, January 16, 2018

Relire son blog et se trouver bonne

Ah! Ça fait des lustres que je n'ai rien écrit... et là, dans un élan de nostalgie, je me relis et je me trouve intéressante, amusante, colorée, humble (ah ah ah!). J'ai envie de recommencer à écrire pour pouvoir me relire encore! Quelle belle façon de se remémorer les bons moments et même les épreuves pour voir où nous en sommes aujourd'hui.

Bref, nous sommes début 2018, 10 ans après mon blogue www.en2008.blogspot.com où je décidais de faire bouger les choses pour le mieux, je suis maintenant maman de quatre (4!!) beaux enfants en santé, toujours mariée à l'homme que j'aime. J'habite une maison qu'on a commencé à rénover en 2015... c'est grand, c'est beau et c'est confortable, on est bien. Dans mes objectifs personnels, je dois encore travailler mon sens de l'organisation, la cuisine et le ménage, mais je n'y renonce pas. Je suis encore en santé alors je l'apprécie et j'espère en profiter.

L'année passée, on a fait un projet de fous et nous sommes allés voir la mer Méditerranée dans la région Catalane (Barcelone en particulier), comme je l'avais souhaité pour mes 40 ans. On a eu une température merveilleuse, j'ai vu des constructions fabuleuses, des paysages époustouflants et j'ai appris des leçons pour le prochain voyage en famille. Je ferai un récit de ce voyage dans ma prochaine publication.

Je rêve encore de voyage, j'aime la mer, la montagne, les fleurs, les beaux paysages, j'aime l'art et les villages anciens. Une prochaine destination que j'aimerais découvrir est l'Italie... Je la mets dans ma bucket list.

Sur cette nouvelle lancée, je compte mettre sur ce blogue des tas de photos de la nature que j'aime tant, comme mentionné plus haut, de mon quotidien, tout en essayant de respecter l'intimité de mes enfants.

Je vais essayer de documenter ma vie de maman, les loisirs que nous aimons (le ballet, le patin, les randonnées, les biscuits et les amis, le scoutisme, l'artisanat), l'évolution de mes enfants.

Je vais parler aussi de mes défis personnels : l'organisation familiale, les repas, le ménage, la coquetterie dont je suis carancée :),

Je vais sans doute partager avec vous sur des sujets comme la scléorose en plaques parce que j'en suis atteinte, même si ça ne m'affecte pas beaucoup pour le moment.

Si vous êtes intéressés à me lire, vous êtes les bienvenus, sinon, pas grave, je compte écrire sur ce blogue même si je suis sa seule lectrice assidue, comme une petite dame qui radote sur sa vie devant son miroir :)

Tuesday, January 9, 2018

Renaître

lundi, premier janvier 2018, Guillaume me demandait si ses sœurs avaient de l'école, ce à quoi je répondais avec le sourire que non, pas encore, il restait encore une semaine. Il me répliqua soudain "et après, tu vas mourir?" tout en me montant un 5 avec les doigts. Ça m'a créé un malaise qui se dissipa ensuite; il disait des bêtises, évidemment...

L'après-midi, du jour de l'an, je me suis senti très faible, le virus gastrique qui me dérangeait depuis quelques jours était venu à bout de mes réserves et j'étais affaiblie. Blanche et tremblante, j'ai demandé à Hugues de me reconduire à la maison et je laissai mes enfants chez ma belle-maman qui nous recevait pour le brunch.

À la maison, seule, assise dans le noir en petite boule sous une couverture, je me suis laissée aller à mes idées noires : "et s'il avait raison, Guillaume, si j'allais mourir dans 5 jours?!", puis, miséreuse, je me suis mise à penser que ce n'était peut-être pas une mauvaise chose, que je meure, que je n'étais pas une bonne maman, que mon mari serait sans doute soulagé de pouvoir se débarrasser de l'épouse  inutile que j'étais, qu'il n'y avait plus d'espoir, que ma vie était un échec, que je n'étais pas à la hauteur, pas capable d'être la femme merveilleuse que je voudrais être... pas organisée, par ordonnée, mauvaise cuisinière, mauvaise gestionnaire de maisonnée et qui n'était même pas bonne dans ce qu'elle faisait au travail, un imposteur qui surfait sur sa chance pour camoufler ses ratés.

Hier, le 6 janvier, j'écoutais la radio en conduisant une entrevue avec Vincent Houle, un homme qui avait été déclaré mort après une accident de moto et qui s'était éveillé vivant à la morgues sous un drap blanc... il avait décidé de renaître. Depuis, il a changé sa vie insatisfaisante et superficielle contre une vie plus saine qui le comble. Ça m'a parlé, je me suis dit que la prédiction de mon cher Guillaume était peut-être d'un autre niveau, que je pourrais profiter de cette mort annoncée pour revivre? Je pense que je pourrais essayer... non, je vais le faire. Aujourd'hui, je renais.  Maintenant, il me faut un plan.

Friday, January 29, 2016

Bonjour 2016

Bonjour 2016,


Désolée si je te salue un peu tard, tout juste avant la fin de janvier. C'est que, vois-tu, chère nouvelle année, j'étais encore secouée par 2015. Quelle année étrange. Je n'ose pas dire qu'elle a été difficile, la perte d'Arthur a été déchirante,  certes, les rénovations ont été éprouvantes, oui, mais de là à dire difficile, l'année, non, personne n'a été très malade, on n'a manqué de rien, mon mari a trouvé des contrats assez facilement... Et tout ça nous a apporté de la force, j'ose imaginer, et nous profitons maintenant d'une belle grande maison.

Comme tu sais, j'ai écrit un message à la Vie, et je suppose qu'elle est présentement en grande discussion avec ma bonne étoile pour m'orchestrer tout ça. Oui, je sais que je pourrais en douter... J'ai quand même reçu un diagnostique de sclérose en plaques il y a quelques mois et faussement cru pendant 15 semaines que nous serions une famille de 7... Mais je ne leur en veux pas... Je suis comme ça. Je fais confiance malgré tout.... Et c'est peut-être pour ça que j'ai vécu tant de merveilleuses choses jusqu'à présent. Avoir quatre beaux enfants en santé et un bon mari responsable et aimant, ce n'est pas peu... En plus d'avoir eu la chance de vivre notre aventure à Vancouver et voyager un peu. J'ai plein de raisons de croire que je n'ai pas terminé de vivre des choses fabuleuses.

Bon, voilà. 2016, je crois que toi et moi avons RDV avec le merveilleux, alors on garde contact et on se donne des nouvelles.

Édit : je dis ça comme ça, mais j'aurai 40 ans cette année... Et je veux voir la Méditerranée... Barcelone en amoureux, ça ferait mon affaire :p

Tuesday, December 1, 2015

Quand je pense à toi, Bébé Arthur

Puis-je croire que ton âme veille sur nous et que tu me pardonnes d'avoir été lâche? Ai-je le droit de pleurer ta mort même si c'est de ma faute si tu n'y es plus? Je t'aime et pour moi tu seras toujours mon cinquième enfant.

Si je pleure parfois sous la douche ou si je verse des larmes en conduisant, en lavant la vaisselle ou avant de dormir, si je deviens de le cœur gros lorsqu'une amie m'annonce une grossesse ou une naissance, et même lorsque je vois une annonce de couches, c'est parce que maman pense à toi, Bébé Arthur.

Après ma quatrième grossesse, papa et moi, étions satisfaits de notre belle famille. Il avait rendez-vous pour sa vasectomie en février et je devais sevrer BB4 pour débuter ma médication afin de contrôler ma sclérose en plaques. Bien que j'enviais les grandes familles et que l'idée d'un cinquième enfant m'effleurait l'esprit, je me disais qu'il n'était pas raisonnable d'y donner suite. Je me sentais fatiguée, après avoir eu trois accouchements assez rapprochés et allaité pendant presqu'un an à chaque fois, puis comme j'allais avoir 39 ans, je sentais que mon corps avait assez donné et qu'il était temps de récupérer et de passer à une nouvelle étape de ma vie. J'avais quatre enfants en santé, Il n'était pas question de pousser ma chance plus loin.

Puis, un bon soir d'avril, sans avoir pourtant pris trop de risques, papa et maman avaient conçu un bébé. La vasectomie ayant été reportée et le sevrage n'étant pas complété, j'ai vu ça comme un cadeau de la vie. J'étais un peu gênée d'annoncer cette cinquième grossesse à mon entourage puisque j'étais visiblement déjà bien occupée, plus qu'il en faut, avec mes quatre enfants. J'avais honte d'avouer que cette surprise me comblait de bonheur, comme si je ne la méritais pas. Papa m'avait toutefois bien avertie, ce bébé imprévu, nous le gardions à la condition qu'il soit en santé, puisque nous en avions déjà beaucoup sur les épaules, il ne se sentait pas capable de vivre avec un enfant malade ou handicapé. J'étais d'accord.

C'était une très belle journée de juin, lorsque j'ai eu mon rendez-vous pour l'échographie à 11 semaines. J'y allais le coeur rempli de confiance puisque, la veille, j'avais reçu les résultats du test d'ADN : bébé n'était pas trisomique et c'était pas mal la seule chose que je craignais, étant donné mes presque 40 ans...

Au début de l'échographie, tout allait bien, sauf que je devais me tromper sur ma date de conception parce que bébé semblait plus petit, une dizaine de jours de moins, rien d'alarmant... Ça m'a étonnée parce que j'ai eu quatre gros bébés, avec souvent quelques jours d'avance sur l'âge estimé, mon dernier pesait 10 livres 4 onces à la naissance. Bref, rien de grave, selon elle...

Un moment donné la radiologue nous a quitté pour aller demander un avis au médecin, elle avait de la difficulté à observer quelque chose... Quand le médecin est entrée dans la pièce, elle n'a rien précisé, a regardé et nous a montré la malformation. Certains diront que ce n'était rien, mais de voir que tu n'avais qu'un avant-bras très court difforme avec peut-être deux ou trois doigts nous a fait craindre que cela serait accompagné d'autres problèmes dans ta construction.

J'ai tellement pleuré, j'ai cherché des témoignages d'enfants avec la même malformation, pour plusieurs ce n'était que ça, pour d'autres c'était accompagné d'autres problèmes plus graves. Par contre, tu étais si petit qu'on ne pouvait pas encore tout vérifier et le résultats des tests proposés n'arriveraient que plusieurs semaines plus tard, et nous étions déjà si fatigués avec les grosses rénovations en cours dans la maison... Et j'avais tellement peur de te sentir bouger et de m'attacher encore plus à toi alors que nous n'avions pas le courage... Deux semaines plus tard, j'ai passé une biopsie placentaire, ton ADN était normal mais tu démontrais un retard de plus sur ta croissance à l'échographie, ta dpa était repoussée d'encore quelques jours... Ça nous a inquiété. (Édit : finalement, à l'arrêt de grossesse, à 16 semaines 3j selon ce que je croyais, 15 semaines, selon L'Echo datig, tu etais à 14 semaines).

Bref, après avoir prié et espéré en vain que la nature reprenne ta vie doucement, j'ai du me résoudre à une interruption volontaire de grossesse. J'avais RDV pour un curetage mais j'ai été incapable d'y aller, ne pouvant pas accepter de te faire charcuter ainsi alors que tu étais si aimé et désiré.

J'ai appelé en larmes à l'hôpital pour les supplier de me faire accoucher (je ne croyais pas que j'y avais droit à 15 semaines seulement).
Ils m'ont dit que c'était possible et j'étais tellement soulagée de pouvoir te voir et je toucher avant ton grand départ.

Jusqu'à la dernière minute, j'ai espéré que papa entre dans la pièce et me dise d'arrêter, qu'on allait te garder... Mais ta petite malformation était trop grande pour lui. Avec lui à mes côtes, j'irais au bout du monde, on s'est embarqué dans un projet de fous avec les constructions, je sais qu'il sera toujours là pour ses enfants...  Comme nous sommes une équipe, je ne voulais pas lui imposer cette responsabilité pour la vie, ne sachant pas comment je serais moi-même dans quelques années avec ma maladie.

Juste avant de mourir, j'ai senti ton âme s'envoler. Une pureté et une paix qui m'a permis de te dire que tu pouvais partir. Tu m'as quittée sans bruit, sans douleur physique mais j'ai mal maintenant et j'en souffrirai pour toujours.

Puis-je croire que ton âme veille sur nous et que tu me pardonnes d'avoir été lâche? Ai-je le droit de pleurer ta mort même si c'est de ma faute si tu n'y es plus? Je t'aime et pour moi tu seras toujours mon cinquième enfant.

Thursday, May 22, 2014

Le petit roi est né

Petit homme que je surnomme affectueusement Grosdounet est né le 19 mai, à 41 semaines et 3 jours de grossesse. Il pesait 10 livres 4 onces et mesurait 53 cm… je pouvais bien avoir une bedaine énorme et avoir mal dans le dos. Déjà qu’il était gros, il est resté jusqu’à sa naissance en position postérieure, la colonne légèrement à droite, bien haut dans mon ventre.

Contrairement à mes deux derniers accouchements, je dois dire que celui-ci m’a paru long et pénible… tellement que j’ai du me résoudre à prendre l’épidurale ouverte à 8 parce que j’avais tellement mal et que ça progressait trop lentement. Moi qui n’en avais pas eu besoin pour les deux autres, j’ai vécu cela un peu comme un échec...

À ma grande surprise, ce quatrième accouchement m’a rappelé mon premier et je soupçonne que ma première fille, née à 41 semaines et 2 jours, était dans la même position. J’étais arrivée à 1h30 du matin et j’avais accouché à 14h10 le lendemain, épuisée après un long travail et de nombreuses poussées, bébé était sorti la tête légèrement allongée, comme ce fut le cas aussi pour petit-homme.

Il faut dire que, pour ce dernier accouchement, j’ai du avoir une induction parce qu’à mon échographie de suivi, on a observé que je n’avais plus assez de liquide amniotique pour attendre le travail naturel qui semblait tarder, alors ils m’ont annoncé que je restais à l’hôpital et que c’était aujourd’hui que ça allait se passer.

J’étais déçue d’être provoquée mais, à bien y penser, c’était le meilleur scénario. Premièrement, parce que ça s’est passé de jour et un dimanche et on a pu ainsi bien coordonner la logistique avec les gardiennes. Deuxièmement, parce que j’étais Strepto B + et j’ai ainsi pu avoir le temps de prendre la médication avant d’accoucher, réduisant ainsi les risques de contamination. Troisièmement, parce que j’avais peur de crever mes eaux à la maison ou d’accoucher dans la voiture puisque mes deux derniers accouchements s’étaient déroulés rapidement.

Finalement, c’est quand même drôle de pouvoir dire que je me suis rendue à mon accouchement seule en conduisant ma voiture  Le papa n’était pas venu avec moi au rdv de suivi puisque j’étais certaine d’en revenir rapidement... au contraire, j’ai du l’appeler pour lui dire de se préparer à me rejoindre.

J’ai été admise dans la salle d’accouchement vers 14h. Ils m’ont fait les tests d’usage et installé la perfusion pour m’administrer la dose de pénicilline 4 heures avant de commencer la procédure d’induction.  Vers 19h, ils allaient perforer la membrane mais ils ont jugé qu’il valait mieux attendre et commencer avec l’ocytocine puisque bébé était encore bien haut. Je n’ai rien senti de vraiment significatif jusqu’à minuit 30, puis à 13h j’ai senti que j’avais perdu un peu de liquide, je me suis rendue aux toilettes, puis lorsque je suis retournée à la salle d’accouchement, la poche a éclaté et le liquide a coulé à flots sur mes pieds. Je n’avais jamais vécu cela aux autres accouchements puisque j’étais allongée au moment de la rupture qui se faisait pendant un toucher vaginal.

Les contractions sont devenues de plus en plus douloureuses et je m’attendais à ce que ça se fasse vraiment vite mais, comme mentionné, j’ai eu un plateau ouverte à 8… j’ai demandé l’épidurale vers 4h… ça faisait quand même depuis 14 h que j’étais dans la salle, branchée au soluté… j’étais épuisée. J’ai pu dormir un peu jusqu’à ce que l’on juge que je pouvais commencer à pousser à 6h du matin, même si bébé étaient encore haut.

La différence avec mon premier accouchement est que mes poussées étaient très efficaces et que bébé est finalement sorti rapidement malgré sa grosse tête et la taille du bébé. À mon grand étonnement, je n’ai eu qu’une petite déchirure.

J’étais bien fatiguée après tout cet effort. J’ai vomi tout l’eau que j’avais bue, j’ai fait une petite hémorragie qu’on a bien soigné, mais tout ça était bien secondaire car j’avais enfin mon fils dans mes bras. Papa en a été ému aux larmes, après tout ce qu’on a vécu pendant cette grossesse, il avait enfin son petit gars.

Enfin, mon Grosdounet est un beau bébé en santé, ses sœurs sont en pamoison devant leur petit frère. La vie de famille est en adaptation mais je suis certaine que tout rentrera dans l’ordre bientôt.